Salon de la bière artisanale de Beauchastel du 17 Septembre 2016

 

Pour inaugurer le Road Bouc, petit retour de mon escapade, au 2 ème Salon de la bière locale et artisanale de Beauchastel; en famille, au pas de course, et avec 3 sac-à-dos, pour une moisson d’une quarantaine de bouteilles.

En qualité de visiteur, car j’ai bien reçu au mois de Juin une invitation à exposer, mais décliné avec regret, ayant l’intuition que je manquerai de stock pour Septembre.
En effet, mi-Juillet, j’étais en rade…

Bon, sinon, même si un « pico »-brasseur faisant la promo des autres brasseurs du coin, sur son propre site, n’est pas une pratique très répandue, tant pis. Je reste avant tout un amateur de bières. Et pas que des miennes…

Pour commencer, deux déceptions :

La Fabrique.

Restaurant-brasserie à Montélimar, que je zieute depuis un moment, mais sans avoir eu l’occasion de tester, était au salon. Yeah! Mais… pas de bouteille. Uniquement service la pression, et à tout juste 11h00, mon estomac disait…non. Dommage 1/4 h plus tard il disait oui, et je me lançais dans les dégustations sur d’autres stands. Un – court – voyage à Montélimar à programmer pour gouter ces bières.

Le Duff.

Une nouvelle brasserie ardéchoise. J’ai cru apercevoir de loin 2 étiquettes inconnues, pour, j’imagine, de nouvelles productions que j’aurais bien goutées; malheureusement un petit attroupement devant le stand en début de salon m’a empêché toute approche… Nous sommes voisins, j’aurais bien l’occasion de tester ça.

Deux valeurs sures :

Deux « historiques » de la bière ardéchoise dans deux styles bien différents.

L’agrivoise.

Je connais déjà bien, mais c’était l’occasion de refaire un petit stock.
Le brasseur est un maitre dans l’extraction des arômes de houblon, pour des bières souvent très perchées en IBU (l’asociale), parfois plus maltée, plus rondes et donc plus abordables (La Pesée), mais toujours à la pointe et très bien réalisées: aromatiques, fruitées, percutantes. A mon avis, rien à envier à une brasserie comme De Molen ou à des bières primées comme la 13 Guns de Crafty Dan.
Petite frustration, pas d’Exil Fiscalov – Anti Colonialisme Ardecho Stout, la dernière, je pense, que je n’ai pas goutée. Une autre fois.
Et puis en bonus, avoir les oreilles qui trainent sur le stand  est souvent un vrai bonheur. Morceau choisi : « Le frigo marche pas, tu veux pas essayer de le magnétiser ? ».
Bref, bien qu’ayant déjà une sacrée aura dans le monde de la micro-brasserie, pour ceux qui ne connaissent pas encore, c’est à découvrir, et à … faire tourner…

La Grange du seigneur – Libertane – Damien Faure.

Certainement la brasserie ardéchoise que je connais depuis le plus longtemps. L’occasion de refaire un petit stock aussi.
Clairement des bières de terroir, dans ce que l’expression a de plus noble. Pour le reste, deux mots pour résumer: Identité et Equilibre.
Identité parce que les bières de Damien Faure ont un fil conducteur qui permet des les rattacher les unes aux autres, et surtout qu’elles font partie des bières dont je pourrais immédiatement identifier, à l’aveugle, l’origine ( et ce n’est pas parce que j’en bois depuis des lustres); ce que je ne pourrais pas faire avec toutes les micro-brasseries, loin de là…
Équilibre parce que les bières ne sont jamais amères, mais non plus ni trop acide (malgré le coté lactique souvent  présent), ni trop sucrées. Étonnant, et rare, ont est là dans un monde de subtilité et de nuance. Le meilleur exemple est peut être la Blanche d’été, aux fleurs de sureau. Ce fameux équilibre où amertume, acidité et sucré, se compensent dans un fruité délicat, des notes terreuses, et quelques touches épicées. On s’imagine, vautré dans l’herbe fleurie, l’air saturé de polen, après une averse qui aurait exhalée des senteurs d’humus (tout ça!).
A noter que le brasseur sait aussi faire des bières avec un tempérament bien trempé, comme la Libertane Brune au piment. La Brune dans sa version de base est déjà bien corsée. Pour la déclinaison piment, pas de tromperie sur la marchandise. Il est là. Lors de ma première dégustation, une petite goute de sueur perlait sur mon front à chaque gorgée!

Une découverte :

Brasserie des Rieux

Rendez-vous raté lors du salon 2015, pas fini d’installer et personne derrière le stand quand je suis  arrivé; beaucoup de monde devant lors d’un deuxième tour un peu plus tard, j’étais reparti sans une seule bière de la Brasserie des Rieux.
Depuis, et après avoir rapidement discuté il y a quelques semaines  avec Florent, le brasseur, puis parcouru son site internet, et enfin avoir recueilli quelques avis sur sa production, c’est décidé, premier objectif de l’expédition Salon de la bière artisanale de Beauchastel du 17 Septembre 2016 : repartir avec au moins deux exemplaires des productions de la brasserie des Rieux, basée à Lussas. Objectif rempli, après avoir discuté avec le brasseur, je repars avec 2 Basaletik, 2 Irascible, 2 Gratte-cul, 2 Farigoule, et …. Tadaaaa… une Barley wine nommée Côtes du Coiron.

La Côtes du Coiron – Barley Wine
Conseil du brasseur à l’achat : il faudrait encore la garder un an ou deux. J’émets des réserves sur ma capacité à patienter. La bière a été brassée en 2014, elle a donc eu une bonne période de garde, et j’ai TRES envie de la déguster. De retour à la maison, à 12h30, direction la cave. La bière est en lieu sûr.
18h30, décapsulage. Je n’ai pas résisté.
J’ai vraiment perçu deux temps dans la dégustation : le breuvage a passé 6 mois en fut de Saint-Jo, et effectivement le boisé domine, avec un côté chêne humide qui saute au nez et aux palais pour ensuite laisser place à un caractère rond et liquoreux, sur le grain et le fruité, mais sans excès grâce à une bonne balance entre le sucre et l’amertume encore très présente. Très très sympa, et effectivement un bon vieillissement devrait permettre au bois et au grain de se mêler plus étroitement. Je ne suis pas certain d’avoir déjà gouté quoi que ce soit de semblable. Un vrai OVNI, dans le bon sens du terme.
Même si le stock se fait rare, j’essaierai de quémander une autre bouteille de Côtes du Coiron, que promis, je ferais vieillir.

La Gratte cul – Blanche
Classique dans l’approche, cette gratte-cul donne tout ce qu’on peut attendre d’une blanche, EBC faible (5 à 10 à vue de nez), voilée, carbonatation conséquente, acidulée, les apports de la levure (esters), des houblons, et des grains sont identifiable et différenciés,… et cette touche fruitée unique certainement due au cynorrhodon…
Très bonne blanche bien goutue (c’est pas si fréquent…). Et accessoirement fourquet d’or à Saint-Nic!

La Basaletik- Brune, type Porter.
Je déguste toujours  les bières avec un caractère malté, en ayant en tête le taux d’alcool, et donc la quantité de grain mise en oeuvre.  Et là double surprise :
Cette Basaletik est une bière à 6.5 % alc. vol. qui a autant de profondeur et de saveur qu’une bière qui aurait 2% d’alc. vol. en plus.
Bien que finalement assez claire (un cinquantaine d’EBC à la louche), les grains sombres et le caractère torréfié sont bien présents et mis en valeur, le tout sans astringence.
La dernière bière qui m’a fait cette impression, dans le rapport entre profondeur et taux d’alcool est, dans un autre style, la Aecht Schlenkerla Rauchbier Märzen.
Le houblonnage est très précis dans l’équilibrage du corps de la bière et rajoute une dimension épicée et gourmande.
Un col de mousse tenace complète le tableau (carbonatation massive, ça claque à l’ouverture!).
Déjà acquis aux ales brunes de tout poil, je suis fan de cette Basaletik.

Loin d’avoir déjà dégusté tout ce que j’ai ramené du Salon, je complèterai peut être cet article.

Joséphine de la Brasserie Rhodanienne, et Rosalie de La Renarde m’attendent…